Citations et poèmes

L'intense désir de réaliser le divin est en lui même le chemin qui y conduit.

Ma Anandamayi

Tu m'as rendu proche de ce que l'on ne peut ni toucher ni comprendre.

Grégoire de Nareg

Dans le tantrisme, il n'y a fondamentalement pas de temple, pas de Dieu, pas de dogme, pas de croyance, il n'y a qu'un immense cordon ombilical qui relie chaque être et chaque chose dans le divin. Connaitre un éveil, c'est entrevoir cela dans la totalité, même l'espace d'une seconde. 

Lalita Devi, Yogini Cashemirienne

(in Le tantra, Daniel Odier)

1 Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n'ai pas l'amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit. 2 Si j'ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j'ai même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, mais que je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. 3 Et si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien.

4 L'amour est patient, il est plein de bonté; l'amour n'est pas envieux; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, 5 il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, 6 il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité; 7 il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

Corinthiens 13:4-8

Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l'aube; lac bleus, je me suis baigné dans vos flots - et que chaque caresse de l'air riant m'ait fait sourire (...) Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur.

Les nourritures terrestres, André Gide.

Ainsi j'embrassais tout : et la terre, et Cybèle ;
La face antique auprès de la face nouvelle ;
Le passé, le présent ; les vivants et les morts ;

(...)
Tout parlait à la fois, tout se faisait comprendre,
Le pélage d'Orphée et l'étrusque d'Évandre,
Les runes d'Irmensul, le sphinx égyptien,
La voix du nouveau monde aussi vieux que l'ancien.
(...)
Oh ! cette double mer du temps et de l'espace
Où le navire humain toujours passe et repasse,
Je voulus la sonder, je voulus en toucher
Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher,
Pour vous en rapporter quelque richesse étrange,
Et dire si son lit est de roche ou de fange.
Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu,
Au profond de l'abîme il nagea seul et nu,
Toujours de l'ineffable allant à l'invisible...
Soudain il s'en revint avec un cri terrible,
Ébloui, haletant, stupide, épouvanté,
Car il avait au fond trouvé l'éternité.

Victor Hugo, La pente de la rêverie 

C'est à l'amour qu'on reconnaît l'amour, l'amour empli du désir de l'amour, l'amour qui se confond avec le seul amour (...)

Venez, venez vous réjouir à votre tour, venez cueillir les feuilles de l'ardent buisson, et tous ensemble tressons des couronnes de feu.

Grégoire de Nareg (Odes et Lamentations p25)

Toute vie naît de l'expire de l'Un éternel et sans fond.

Jacob Boehme

Ton appel,  ton cri, tu a broyer ma surdité.

Éclair, splendeur, tu as fait fuir mon aveuglement.

Parfum, je t'ai respiré, je t'ai inhalé.

Je t'ai goûté, ma faim, ma soif.

Tu m'as touché, j'ai pris feu dans ta paix.

Saint Augustin


 

A réciter, à réciter encore, je me suis fatigué la langue et le palais.

Pourtant jusqu'à Toi jamais mes pratiques ne se sont élevées.

A égrainer le rosaire, je me suis usé le pouce et l'index.

Pourtant, la dualité n'a point encore quitté ma pensée.

Bien qu'Il soit au dedans, je l'ai d'abord cherché au dehors.

Puis le souffle subtil a purifié mes vaisseaux internes.

Grâce à la contemplation, je ne vois plus au monde que Dieu seul.

Les formes de l'union s'étant perdu, moi Lalla, j'apaisais l'amour dans le feu de l'amour. Avant la mort, je mourus toute entière, libre de forme dans ma nature profonde.

Combien de forme n'ai-je déployé ? Le moi disparu, que ferais-je ?

Dans la perte, j'ai perdu la perte. La perte perdu, je suis revenue à l'océan de l'existence, riant, jouant, j'ai obtenu la révélation de l’essence ici-même.

De ce que je dit là, j'ai fait en moi les preuves.

Lalla, poétesse et yogini cashemirienne.

Il me donnera à boire avec des baisers de sa
bouche car Tes jouissances sont bonnes
mieux que du vin.

Le cantique des cantiques, trad. Meshonnic

Je veux Te connaître,

Toi qui me connaît,

Te connaître comme je suis connu,

Force pénètre moi,

Fait de moi ce que Tu veux.

Saint Augustin

Je sais bien moi la fontaine qui coule et court

                     malgré la nuit

cette éternelle fontaine est cachée

je sais bien moi où elle a sa retraite

                     malgré la nuit

 

son origine je ne la sais car elle n’en a

mais je sais que toute origine vient d’elle

                     malgré la nuit

 

je sais que ne peut être chose tant belle

et que ciel et terre boivent d’elle

                     malgré la nuit

 

bien sais-je que fond en elle ne se trouve

et que nul à gué ne la peut passer

                     malgré la nuit

 

sa clarté jamais n’est obscurcie

et je sais que toute lumière d’elle est venue

                     malgré la nuit

 

je sais ses courants être si puissants

qu’ils arrosent enfers et cieux et peuples

                     malgré la nuit

 

le courant qui naît de cette fontaine

bien le sais-je aussi ample et tout-puissant

                     malgré la nuit

 

le courant qui de ces deux procède

je sais qu’aucun deux ne le précède

                     malgré la nuit

 

cette éternelle fontaine est cachée

en ce pain vivant pour vous donner la vie

                     malgré la nuit

 

elle y est appelant les créatures

et elles de cette eau se rassasient mais à l’obscur

                     car c’est la nuit

 

cette vive fontaine que je désire

en ce pain vivant je la vois

                     malgré la nuit

 

Jean de la Croix


La célébration est naturelle à l'oreille qui se penche pour entendre l'autre respirer, pour la paume qui suit la peau

sous la forêt de parfum de sa bien-aimée ou de son enfant.

Sahaj Neel, Journal d'une tantrika.


L'essence de l'Esprit est comme l'espace aussi n'y a t'il rien qu'il n'embrasse.

Mahamudra Upadesa

(extrait  de Le mythe de la Liberté, de Chogyam Trungpa)


'Je suis' est le Chemin, la Vérité et la Vie.

Jean 14,6 (trad.J.Y Leloup)


Vient une étape, spécialement dans la voie de la Bhakti, où la prière jaillit spontanément du cœur.

Ma Ananda Moyi


Ce qui est en bas égale ce qui est en haut et ce qui est en haut égale ce qui est en bas, pour accomplir le miracle d'une seule chose.

La table d'Emeraude, Hermès de Trismégiste